L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes
Par Emile Granville, lundi 8 mars 2010 à 14:25 :: Bretagne :: #81 :: rss
un réel danger pour le développement harmonieux de la Bretagne
L'association des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est venue lundi soir 1er mars 2010 faire un exposé très argumenté et remarquable à Redon. Dommage que les élus toujours favorables au projet ne soient pas venus y assister.
En Loire-Atlantique, 16,5% des terres sont déjà artificialisées. La perte de 2000 ha de terres agricoles aux portes de Nantes est une aberration. Les collectivités territoriales devront non seulement s'endetter pour le construire, mais devrons à terme, payer les déficits chroniques d'un équipement surdimensionné. A Nantes-Atlantique, sur une surface de 320 ha, il y a 38 000 mouvements pour 2,8 millions de passagers. A Gatewick, en Angleterre, sur 270 ha, il y a 280 000 mouvements pour 35 millions de passagers. L'aéroport de Nantes-Atlantique est donc loin d'être saturé. De plus, une nouvelle procédure d'atterrissage et une nouvelle piste orientée différemment permettraient d'atténuer grandement les nuisances pour la ville de Nantes.
Le Pays de Redon n'a aucun bénéfice à en tirer en termes d'emplois. Ce nouvel aéroport est situé à 15 km de Nantes. On a du mal à imaginer en quoi cela pourrait concerner des emplois redonnais. Ce projet détruirait, par ailleurs, autant d'emplois qu'il n'en créerait: suppression d'emplois agricoles, des emplois de l'aéroport de Nantes, baisse d'activités des aéroports de Rennes et d'Angers, ce dernier étant déjà particulièrement déficitaire.
La construction de l'aéroport de Notre-Dame-de-Landes va dans le sens de la métropolisation de Nantes. La réforme territoriale du gouvernement, prévoit qu'en 2014, l'agglomération de Nantes se substitue sur son territoire au département de Loire-Atlantique. Sur quels investissements publics pourront compter alors les zones rurales et les villes petites et moyennes ? Cet aéroport de Notre-Dame-des-Landes est l'expression d'une mégalomanie dangereuse pour le développement harmonieux de la Bretagne. Nous ne pouvons pas laisser aux générations futures le soin de payer les factures alors que les besoins du quotidien, en termes de services publics ne, sont pas assurés aujourd'hui.
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