Le conseil général d'Ille-et-Vilaine a décidé de diminuer de 20 % ses aides associatives et de 30 % ses aides pour les communes et communautés de communes. A-t-on le droit de contester cette décision ? Pour la majorité départementale, si vous contestez alors c'est que vous êtes de droite et que vous soutenez le gouvernement. Un peu simple et démago comme quand même ! Bien évidemment, il faut dénoncer vigoureusement le défaut de financement des transferts de charges de l'Etat aux collectivités territoriales, en particulier dans le domaine social. Bien évidemment, il faut dénoncer les mesures de désorganisation sociale et de recentralisation étatique du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Il n'en demeure pas moins que la majorité départementale a aussi sa part de responsabilité. Cette mesure est brutale et non concertée. Elle est surtout non-anticipée ! Pourquoi alors avoir, par exemple, engagée la création de 7 agences départementales pour un montant total de 24 millions, avec de fait une augmentation des frais de fonctionnement. Quel intérêt pour Redon d'avoir une maison du département d'Ille-et-Vilaine, alors qu'il aurait fallu mutualiser les moyens au niveau interdépartemental pour avoir une vrai maison de Pays, comprenant à la fois les services du Pays et les services décentralisés des trois départements.

Dans ce contexte, le conseiller général local et élu municipal redonnais a beau jeu de reprocher au maire de Redon d'être "grand quémandeur d'aides et de subventions". Mais au fait, cet argent départemental, c'est aussi l'argent des Redonnais et des habitants du pays. Le maire de Redon ne quémande pas, il ne demande pas l'aumône. Il demande tout simplement ce dont la Ville de Redon a besoin pour un fonctionnement normal et équilibré par rapport aux grandes métropoles, et cela est vrai pour toutes les communes du pays. Un exemple, les départements seront sollicités pour soutenir financièrement le pôle multimodal de la gare de Redon. Le budget prévisionnel est évalué au minimum à 12 millions d'euros. A côté de cela, il faut savoir qu'EuroRennes, nouveau quartier du pôle multimodal de la gare de Rennes est déjà assuré d'un financement de 200 millions d'euros de fonds publics, dont ceux du conseil général d'Ille-et-Vilaine. Comparons la taille des deux villes, certes. Mais comparons aussi les aides publiques !

Lorsque cet été, le conseil général d'Ille-et-Vilaine avait supprimé la rémunération de l'animatrice de rue de Redon, qui fait un travail social de première importance, le conseiller général redonnais n'avait pas levé le petit doigt. Il est plus vigoureux pour attaquer systématiquement toutes les initiatives du maire de Redon. Un moment donné, il faut arrêter de faire de la politique clanique. Un conseiller général, quel que soit son appartenance politique, était jusqu'à maintenant là pour défendre Redon et le Pays de Redon et non pour être le simple porte-voix de l'équipe dirigeante du conseil général. Plus généralement, cette situation montre que l'organisation administrative et politique de la France est à bout de souffle. Que les départements sont appelés à disparaître au profit des Régions et que les pays bassins de vie sont les meilleurs lieux de développement social et économique. Pour cela, il est plus que temps d'organiser démocratiquement et autrement la France.